Parce-qu'elle est comme moi
Point de vue Serena
La sonnerie a retentie. On se précipite tous dehors. C'est l'heure de manger. On doit attendre Bérénice. On se pose sur un banc avec Ginie. On est vite rejoint par Lucas et sa bande. On parle de sa fête samedi. Il me dit qu'il y aura les jumeaux. Andréas aussi. Que des gens que tout le monde veut fréquenté. Oui tout le monde veut fréquenté l'androgyne. Je vois vraiment pas ce qu'ils lui trouvent. Peut-être parce-qu'il est le jumeau de Tom. Et que tout le monde aime Tom. Je ne vois pas d'autres solutions. Je ne sais pas. Et j'aimerais bien savoir.
Bérénice sort. Elle est suivie d'Andréas, de Tom et de la nouvelle je suppose. Supposition affirmée par Lucas. Tom traîne avec la nouvelle ? Non. Il doit y avoir une erreur. Il y a juste à voir comment elle est fagotée. Puis son visage ... Non franchement elle a rien pour elle. Je suis bien mieux. Ils viennent dans notre direction. Tom et Andréas pour nous dire bonjour sûrement. La nouvelle, Emma je crois, reste un peu en retrait. L'autre se joint à elle en attendant son frère et son meilleur pote.
- Salut mec, dit-il en donnant une accolade à Lucas. Vous allez bien ? reprend-t-il en regardant Ginie et moi.
- Mouais. On fait avec. Et toi Andréas ça va ? demandai-je en zappant quel peu Tom.
- Super bien. C'est juste con que Bill soit pas avec Tom et moi. Mais sinon tranquille.
- C'est con ouais.
Ouais c'est con. Il aurait été avec eux j'aurais pas eu à me le tapper pendant une année scolaire entière. Mais bon, au moins il y aura un peu d'ambiance dans la classe vu comment c'est parti. On va tous manger ensemble. La tarlouse et la nouvelle sont invitées. Pas par moi. Par Tom. M'enfin bon. On va dire que c'est pas trop grave, hein ? On se trouve une table pour se poser. On est huit. Ginie, Béré, Tom, Andréas, Lucas, Bill, Emma et moi bien évidemment. Je me retrouve entre Ginie et Andréas qui est à côté de Béré. Emma en face de moi entre Tom et Bill. Lucas à côté.
Les discussions vont de bon train entre nous. On se raconte notre été. Nos vacances, puis forcèment on parle des cours. Des profs. Des élèves. De notre classe. Et la conversation dévie inévitablement sur la nouvelle. Je m'en serais bien passé. Je sais pas pourquoi mais entre elle et moi ça ne va pas coller. Elle vient d'arriver et elle reste déjà avec nous. Elle a pas ouvert la bouche depuis tout à l'heure. Pourtant l'attention est quand même portée sur elle. Je trouve ça dégueulasse. Je vois pas ce qu'elle a de spécial. On s'en fou d'où elle vient, où elle habite, ce qu'elle fait. On le sait qu'elle est française. Je déteste la France.
- Je sais ce que ça fait d'être nouveau ici. Les premiers temps c'est impressionnant mais on s'y fait vite, dit-il à l'adresse d'Emma.
- Mais toi t'as pas eu de mal à t'intégrer. T'es sociable, dis-je glaciale.
- Serena ? Tu sais si Gustav vient chez Lucas samedi ? s'informa mon meilleur coup jusqu'à maintenant, à savoir Tom.
- Nan je sais pas. J'ai essayé de l'appeler hier pour lui demander mais je pense qu'il était avec Georg sur Berlin. Il devait y aller pour je sais plus trop quoi.
- Bah dès que t'as des nouvelles dis lui qu'il est le bienvenue. Georg aussi, ok ?
- T'inquiète pas pour ça.
- J'espère qu'il pourra venir.
- Je t'ai dis quoi hier Gin' ?
- Mais tu vas me lâcher un peu oui ? J'ai le droit de le trouver mignon non ?
- Non, dis-je sèchement en quittant la table mon plateau en main.
Je me lève. Je me casse. Pas envie de rester avec cette bande con. Ils se disent être mes amis. Tu parles. Ginie me soûle avec Gustav. Elle a que son prénom en bouche. Elle va pas le lâcher ? Il a assez souffert comme ça. Il mérite mieux qu'elle. Parce-qu'elle est comme moi. Une garce. Une peste. Une pute. Je ne veux pas que Gus est à la subir. Je tiens trop à lui pour ça. Oui, moi Serena Jork tient à quelqu'un d'autre qu'elle même. Etonnant ? Choquant ? Bah c'est la vie.
Je rentre chez moi. Pas envie de les supporter cet après midi. J'ai cours mais c'est pas grave. Ils vont juste nous redonner quelques indications par rapport aux matières qu'ils enseignent. Pas besoin de moi. Je demanderai à Ginie ou à Lucas. Quand je me serai calmée. Pas avant. Je pars parce-que je ne veux pas qu'on croit que je suis vulnérable et faible. Parce-que Serena est forte. Serena ne pleure pas. Serena est parfaite. Alors je me conduit comme une fille parfaite et populaire.
J'arrive devant chez moi. Mon père est là. Sa voiture est dans le garage. D'ailleurs il y en a une autre devant. Je ne la connais pas. Sûrement un ami à lui. Il ne fait jamais venir ses clients à la maison. Alors ça doit être un ami. Je rentre. L'appel. Rien. La maison semble vide. Dans la cuisine, seul le bruit des glaçons qui se font dans le frigo amèricain retentit. Le reste est silencieux. Je m'avance pour prendre une pomme. Avec leurs conneries j'ai même pas eu le temps de finir de manger.
Je passe au salon. Rien non plus. Peut-être dans son bureau. Je reste devant la porte. Des voies se font entendre. Mon père. Et une femme. Je ne sais pas qui c'est. Je n'ai jamais entendu sa voie. J'entend mon prénom. Elle me connait ? Je n'entre pas. Je préfère rester ici à écouter ce qu'ils disent. Après tout, ça me concerne. Je suis libre de faire ce que je veux. Ils n'ont pas à parlé derière mon dos.
- La semaine prochaine mais pas avant. Laisse moi le temps d'en parler à Serena.
- Je suis vraiment désolée Gabriel. Je te jure que je ne le voulais pas. Mais c'est arrivé comme ça. Il est tombé dessus et il a tout découvert. Il s'en est douté. Pourtant j'avais caché le formulaire je te le promet.
- Je sais, je sais ... Mais Marc est de nature curieuse ont aurait dû s'en douté. Puis je crois qu'au fond Caroline se doutait de quelque chose aussi. C'est sûrement pour ça qu'elle voulait repartir en France.
- Si seulement on avait pu prévoir ça.
- C'est trop tard maintenant, dit-il avec nostalgie dans la voie.
Caroline ? Qu'est-ce que ma mère vient faire dans cette histoire ? Et puis d'abord c'est qui elle ? Celle qui parle avec mon père ? D'où elle connait ma mère ? C'est qui ce Marc ? J'en ai marre qu'on me cache des choses. Je commence sérieusement à en avoir ras-le-bol. Je suis la première concernée mais la dernière au courant. C'est pas normal. Habituellement je suis toujours la première à tout savoir. C'est à moi que les autres viennent demander des informations. Pas l'inverse. Je ne comprend pas.
Je pars en courant de chez moi. J'ai envie d'aller faire un tour près du lac artificiel dans le parc. Au moins personne ne me fera chier là-bas. Je serai tranquille. Et seule. Pour une fois. Je n'ai envie de voir personne. Sauf elle. Mais elle n'est pas là. Mais j'ai envie de parler à Gustav. J'ai envie qu'il me prenne dans ses bras et qu'il me dise que ça va passer. Que dans quelques heures tout sera oublié. J'ai envie. Mon téléphone sonne. Un sourire s'accroche à mes lèvres. C'est lui. Il lit dans mes pensées ou quoi ?
- Je voulais te parler justement.
- Je sais. Qu'est-ce qu'il se passe ?
- T'es là samedi ?
- Oui. Pourquoi ?
- Tu veux aller chez Lucas le cousin d'Erwan avec moi ? Il y aura aussi les jumeaux et Georg peut venir. Il fait une fête histoire de célèbrer la merveilleuse reprise des cours.
- Ok je serai là. Je passerai chez toi avant et on ira ensemble.
- Ok, dis-je en m'allongeant dans l'herbe.
- Sinon Ena, pourquoi tu voulais me parler ?
Il me connait bien. Il sait que je ne vais pas super bien. Il ressent que quelque chose cloche chez moi en ce moment. J'ai envie de lui en parler. Mais si je lui dis que j'étais chez moi il va me demander pourquoi. Et la conversation va se centrer sur Ginie. Et je ne veux pas. Mais je ne veux pas lui mentir non plus.
- Je me suis embrouillée avec Ginie alors je suis rentrée à la maison. Papa était dans son bureau et il parlait avec une femme. Je ne l'ai pas vu. Juste entendu. Ils parlaient de moi, d'un Marc et de ... de ...
- D'elle.
- Oui.
- Ecoute Ena, je sais que c'est dur pour toi. Que c'est pas facile. Je sais ce que tu as enduré. Mais si ton père veut refaire sa vie ... Tu ne peux pas t'y opposer.
- Je sais Gus ... Je te laisse je vais rentrer.
- A samedi puce.
Et voilà. Je raccroche. Je sais qu'il a raison. Il a toujours raison. Mais parfois la vérité fait mal. Parfois on a pas forcèment envie de l'entendre. Même si au plus profond de soi on la connait déjà. Parfois on ne veut pas se l'avouer. Alors on préfère tout nier. Rester sur la défensive et porter un masque. Un masque que certaines personnes prennent pour notre vrai visage. Alors que d'autres cherchent plus loin que l'apparance. Je n'aime pas ces personnes. Je les évite. Comme la peste. Pourtant ici, la peste c'est moi.
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Bonjour les filles, c'est Laure, je m'occupe de poster les suites pendant l'absence de Juli.J'espère que vous avez aimez ce chapitre.
Je vais essayer de prévenir tout le monde ;-)
Sur ce, je vous laisse =)
Ps: je rapelle que je ne valide pas les commentaires.
